120 battements par minute, un film gay à voir ?

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Sorti en 2017, 120 battements par minute est déclaré, grand gagnant des César 2018 lors du Festival des Cannes dernier. Réalisé par Robin Campillo, le film connait un succès foudroyant et a remporté le Grand Prix du Jury, le Prix du Public, la Queer Palm, le Prix François-Chalais et le Prix FIPRESCI. Sans oublier les Césars du meilleur film, du meilleur acteur dans un second rôle, de la meilleure musique, du meilleur montage, du meilleur scénario et du meilleur espoir masculin. Un long-métrage à couper le souffle qui bouleverse, qui galvanise et qui vous met sans voix ! Zoom sur ce chef d’œuvre unique qui retrace le combat des militants Act UP des années 90, dans la lutte contre le Sida.

120 battements par minute, ça raconte quoi au juste ?

Toute l’intrigue du film est basée dans les années 90, période au cours de laquelle, le virus du SIDA a fait de nombreuses victimes partout dans le monde. Face à l’indifférence générale, l’association Act Up, reconnue à travers ses slogans chocs et ses opérations de persuasion spectaculaires, tente de mobiliser les médias pour pouvoir face à cette épidémie qui continue à faire des ravages.

« 120 battements par minute » reprend donc en histoire, les années les plus mouvementées d’Act Up où les opinions les plus frappantes sont mises en avant pour exprimer le sentiment des personnages, dévorés de l’intérieur par un virus mortel dont tout le monde ne semble accorder le moindre intérêt. Au cours de cette lutte, les militants n’hésitent pas à élaborer des formes de communications très osées pour faire entendre raison au pouvoir politique. Ainsi, de nouvelles formes de communications voient le jour comme le fameux « die in » selon lequel, les militants s’allongent sur le sol afin de créer une image de mort massive.

De la mort, il est bien évidemment question ici, mais Campillo veut être plus persuasif dans ce fresque et focalise l’histoire dans les luttes contre les pouvoirs publics, les laboratoires et la société tout en créant un chemin presque inaccessible pour le romantisme entre Nathan (Arnaud Valois) et Sean (Nahuel Perez Biscayart). Cette histoire d’amour sera des plus tragiques pour les deux jeunes homos et c’est sans doute l’une des principales raisons qui ont fait pleurer des salles entières partout dans le monde.

120 battements par minute : des acteurs qui jouent bien leur rôle

Le film impressionne donc par sa fluidité et la sophistication discrète de sa réalisation qui a contribué à l’élaboration d’une intrigue tragique et bouleversante. Mais ce n’est pas la seule raison de sa montée en puissance.

En effet, Campillo a été très strict au niveau du casting et a pris du temps pour sélectionner les meilleurs acteurs pour la réalisation de 120 battements par minute. Les comédiens qui ont participé à cette œuvre se démarquent dans leurs rôles bouleversants et ils ont parfaitement su les interpréter d’une manière magistrale.

On retrouve Adèle Haenel dans la peau d’une mordue de l’action qui ne recule devant rien pour obtenir ce qu’elle veut. Elle a su se montrer très persuasive dans ses actions et ne se laisse jamais impressionnée. Les prestations des autres acteurs comme Antoine Reinartz (président de l’association Act Up) et Arnoid Valois (Nathan) sont également excellentes.

En revanche, la meilleure performance revient à l’acteur argentin Nahuel Perez Biscayart (Sean) qui a su mettre en émoi le public avec son époustouflante prestation. Teigneux et intrépide au tout début du film, il n’a jamais baissé les bras et participe activement à la lutte à côté de son ami et « mari » Nathan, jusqu’au jour où il finit par être emporté par la maladie. Mais même dans la mort, il reste digne !

120 battements par minute : les critiques

Sorti en France le 23 Aout 2017, le film « 120 battements par minute » a réussi à assembler pas moins de 45.000 entrées et devance le film d’action américain « Hitman and Bodyguard » , ainsi que le drame de Sofia Coppola « Les Proie »s. Il lui a seulement fallu une semaine d’exploitation pour que le film cumule environ 220.000 entrées et obtienne une excellente note en matière de nombre de spectateurs par copie exploitée (778 par copie). Si l’on en croit les critiques recueillies auprès des médias, il semblerait qu’elles soient très positives pour « 120 battements par minute » !

Pour Le Monde, Campillo a laissé de côté la facilité dans les actions. Il leur a permis d’emmener leurs personnages jusqu’au bout de leurs limites, sans même qu’ils aient besoin d’effets spéciaux et sans paroxysme pour faire exploser au grand jour, une vérité qui restait jadis enfoui dans l’ignorance. Le scénariste avait bien choisi le titre de son film car il lui a donné une pulsation rapide imposée par la situation d’urgence dans laquelle vivaient les jeunes militants que la maladie avait réuni. Tragique et bouleversant, ce film est à la fois beau et triste et c’est ce qui fait toute sa différence !

Pour les médias LGBT, ils ont notamment mis l’accent sur l’aspect extérieur du film, dont la réalisation a reconstitué avec précision, les véritables souffrances des séropositifs et les militants de l’Act Up des années 90. Mais ce qu’ils ont le plus apprécié, c’est la manière dont le réalisateur a su mettre en relation cette lutte avec la nouvelle génération qui n’a pas pu prendre connaissance de ce passé presque lointain, pourtant riche en histoire et en leçons.

Parce qu’il revient sur un passé récent, parce qu’il parle d’amour tragique, parce que les acteurs sont très doués et parce qu’il parle d’un engagement profond que 120 battements par minute est un film gay à absolument voir ! Pas forcément besoin d’être homo pour le voir, mais si l’on désire en apprendre davantage sur le terrible combat qu’ont mené les militants et les répercussions qu’ils ont subi au cours de cette lutte, ce chef d’œuvre est un véritable concentré d’intrigue tragique et d’histoires bouleversantes qui ne vous laisseront pas indifférent !

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